C'est un peu ça que je ne veux pas faire : ranger mes rêves au fond d'un tiroir-caisse, et rendre la monnaie sur tous mes faux espoirs.

À lire aussi de Marie-Sabine Roger

Les secrets de famille sont de noires araignées qui tissent autour de nous une toile collante. Plus le temps passe, plus on est ligoté, bâillonné, serré dans une gangue. Incapable de bouger, de parler. D'exister.
On naît roseau, on devient chêne, et on finit bois de balsa.
La relation avec mes parents avait plus de plomb dans l'aile qu'une palombe lâchée à l'ouverture de la chasse.
C'est pas bosser qui me fait peur, c'est passer cinq jours par semaine à espérer le samedi. Et faire la gueule le dimanche, parce qu'ensuite il y a le lundi. Comme la plupart de ceux que je connais et que je n'envie pas, quel que soit leur salaire.
Le chagrin, parfois, ça vous tanne le cuir si profond qu'on est tout souple et doux après.
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Dans la même œuvre

L'habitude amortit les chocs. Les beaux deviennent ordinaires. On finit par se demander pourquoi on les trouvait tellement magnifiques, craquants et à tomber par terre. Et les vilains gagnent à être revus.
C'est pas bosser qui me fait peur, c'est passer cinq jours par semaine à espérer le samedi. Et faire la gueule le dimanche, parce qu'ensuite il y a le lundi. Comme la plupart de ceux que je connais et que je n'envie pas, quel que soit leur salaire.
Le seul sens que je trouve à ma vie, c'est un sens giratoire. J'avance sans arrêt mais je n'arrive pas à rien, sauf à me retrouver toujours au même point. Si un jour je trouve ma voie, ce sera sûrement une impasse.
Pour aimer, il faut parfois du temps, du calme et du secret.
Combien de gens s'abonnent au malheur, tout seuls, comme des grands, et ne résilient plus jamais l'abonnement ?